Soirée électorale positive. Nicolas SARKOSY n’est plus président de la République.
La défaite du sortant était implicite dès le premier tour de cette élection présidentielle. Elle était nécessaire mais pas suffisante car les difficultés nous menacent.
Une nouvelle majorité parlementaire large doit naître qui soit le réel reflet de la diversité des choix qui ont permis la victoire. C’est le seul moyen de redonner au pouvoir législatif le poids
qui est le sien dans toute démocratie équilibrée.
Le président élu vient de déclarer qu’il remerciait les « humanistes » qui lui ont apporter leurs suffrages.
Merci, mais il faut passer à l’acte et ouvrir, dès juin 2012, une modalité nouvelle de désignation des députés. Les changements promis doivent pouvoir s’expriment dans leurs diversités et des majorités d’idées thématiques se constituer en permanence pour avancer sans pertes de temps inutiles.
Au lieu de laisser aux partis politiques le monopole des candidatures à la députation selon les règles et les usages habituels et controversés, il faut en arriver à la transparence, réaliser les
conditions d’une parité réelle et promouvoir l’innovation. La délégation pour cinq ans donnée à un député ne correspond plus aux besoins d’une réalité économique, financière, sociale, culturelle,
industrielle, nationale et internationale qui bouge sans arrêt. Le contrôle continu des citoyens sur les députés est une exigence moderne qui peut être engagée sans courir le risque du mandat
impératif.
Pour dire les choses simplement, le Parti Socialiste ne peut tirer un avantage exclusif de l’élection de François HOLLANDE sans donner toutes ses chances, en nombre suffisant, aux différentes
vues politiques miscibles qui ont concouru à sa victoire.
Faire appel aux sensibilités à l’intérieur du PS c’est bien mais il faut aussi impliquer la démarche créative du Front de Gauche. Plus encore, ceux qui ont eu le courage
d’exprimer l’urgente nécessité de rompre avec le régime sortant bien que ne reconnaissant pas dans l’excessive simplification qu’est la bipolarisation de la vie politique doivent être accueillis,
reconnus et respectés.
Pour cela, dès juin 2012, sans qu’un vote préalable de l’Assemblée Nationale soit nécessaire, il est possible d’instaurer, par décret, en plus des candidatures issues des partis
politiques traditionnels, des candidatures d’union nationale, sans augmenter le nombre de députés. Pour donner du sens et un contenu à ces candidatures il faut revisiter les
pratiques des premiers républicains et appeler, circonscription par circonscription, les citoyens à rédiger et adopter, par vote secret, des cahiers d’exigences qui diront
ceux que veulent les citoyens, à la base. Nous pouvons faire confiance à la probité et l’indépendance de notre justice de proximité pour assurer la bonne tenue de ces assemblées primaires
d’arrondissement et garantir l’égalité d’expression de tous. Les associations d’éducation populaire qui disposent d’expertises reconnues, pourraient également contribuer au bon fonctionnement et
à la mise en œuvre de cette démarche démopédique. Les cahiers d’exigences serviront de contrat de mandature aux candidats ainsi désignés à la députation.
Afin de ne pas tomber dans le piège des « rapports de force » sur lesquels se construisent des majorités composites débouchant sur des alliances parfois équivoques, ce n’est qu’une fois que ces
cahiers d’exigences seront adoptés qu’il sera possible, en toute sécurité, de désigner ces candidats à la députation, obligatoirement une femme et une homme, par tirage au sort,
circonscription par circonscription.
Toutes les personnes qui auront validés ses cahiers d’exigences et qui acceptent d’être candidates à l’élection législative de juin 2012, pourront s’inscrire. Ce n’est qu’ensuite qu’elles
seront désignées de façon impartiale et transparente, par tirage au sort sous contrôle.
Le réalisme c’est aussi de sortir des sentiers battus.
Régis ROQUETANIERE
Militant d’Attac 86, s’exprimant à titre personnel.
Ancien compagnon de route de Michel JOBERT.